Angoisse quand tu nous tiens...

Angoisse quand tu nous tiens...
Au lieu d'une bonne petite soirée avec mes copines que je ne vais bientôt plus voir, me voilà cloitrée chez moi après deux crises quasi-successives...Et encore, heureusement que ma coloc est là, sinon ce serait pire.
Je suis désolée les filles, j'aurais aimé venir, mais impossible. L'angoisse qui m'a assailli déjà ce matin en me levant m'a empêché toute la journée de voir les choses de manière rationnelle...C'est incroyable cette sensation qui vous envahit à peine les yeux ouverts, et qui vous indique déjà que la journée sera mauvaise. On sait déjà que la journée sera jalonnée de crises, qui vous rassurent sur le moment, jusqu'à ce qu'il y en ait une autre qui pointe le bout de son nez. Cette sensation de remplissage est tellement euphorisante sur le coup. On se sent moins vide, on remplit ce trou que l'on a dans le coeur et on se sent vivant. Jusqu'à ce que l'énorme quantité de nourriture que vous venez d'ingurgiter vous écoeure et ne menace de faire rompre votre estomac...
Alors vient le moment tant redouté par certains. Va-t-on pouvoir tout évacuer? Ne restera-t-il pas quelques calories qui risquent de nous faire prendre du poids? A vrai dire, personne ne peut rejeter tout ce qu'il a mangé. Une partie sera gardée par le corps. Mais s'il s'agit d'une personne qui en temps normal ne mange pas bcp, la crise passera inaperçue.
J'ai récemment appris que certains boulimiques deviennent au fur et à mesure accro à l'acte de vomir, celui-ci devenant le but ultime de la crise. J'avoue ne pas trop comprendre cet état de fait. Il est certain que l'on se sent soulagé, car personne ne peut tenir avec autant de nourriture en lui sans être écoeuré, mais de là à rechercher cette sensation...je suis dubitative...
Bref, j'en suis encore à me demander pourquoi cette journée a été aussi mauvaise, en total contraste avec celle d'hier. C'est une autre caractéristique de la personne boulimique, il est vrai...La personnalité d'un boulimique est en général qualifiée de border-line, c'est-à-dire que l'on va passer d'un extrême à l'autre sans raison apparente. Ainsi, on peut être débordant de joie à un moment et l'instant d'après se demander ce que l'on fiche sur cette terre. Sauf que pour l'entourage, c'est une situation incompréhensible, voire énervante. La personne en face de vous ne comprend pas pourquoi vous lui souriez, et l'instant d'après, vous l'agressez...Mais difficile d'expliquer qqch qu'on ne maitrise pas...
Enfin bref, tout ça pour dire à mes amies adorées que je suis vraiment désolée. Désolée de ne pas être venue ce soir, désolée d'être accaparée par cette bouffe qui me bouffe, désolée de ne pas parvenir à être comme je le voudrais, désolée de ne pas faire davantage d'efforts, désolée d'être moi...

# Posté le mercredi 21 mars 2007 18:15

Modifié le jeudi 13 septembre 2007 10:32

Bonne humeur...

Bon, malgré toutes ces colles qui nous donnent bcp de stress, je peux finir cette journée avec le sourire. Parce que mes copines sont trop top, parce que les colles les pires sont passées, parce que j'ai reçu des nouvelles de qqn que j'apprécie, bref...pour plein de choses je peux dire que je suis (enfin) de vraie bonne humeur. D'ailleurs, j'aurais bien envie de papoter comme une mémé là, mais personne n'est disposé à écouter mon bavardage..;snif!
Tant pis, je vais me défouler dans cet article à la place....:)
J-3 avant la fin des cours et le début de l'aventure pour nous futurs bibliothécaires. Eh oui, le stage est une étape importante, mine de rien. Il va falloir s'investir à fond. C'est quand même notre avenir qui est en jeu [hou ça fait peur...].
En tout cas, je vois les choses de manière trop positive ce soir, alors vous ne me ferez pas regretter ce stage qui s'annonce...Sauf si vous me rappelez que je ne verrais bientôt plus mes amies adorées...Mais les joies de la technologie nous sauveront(vive Internet!).
Bref, ça fait pas de mal de voir la vie en rose pour une fois...Même si des révisions m'attendent encore, m'en fous je ss happy!!!
Bizzzzzzzzzzzzzz

# Posté le mardi 20 mars 2007 14:58

Modifié le jeudi 13 septembre 2007 10:32

Hilarant...

Hilarant...
Mon proverbe du jour est: "tout vient à point à qui sait attendre"...Comique cet horoscope. Sachant qu'il va falloir que je patiente un mois pour parvenir à mes fins (n'y voyez aucune allusion salace...lol). Et tout cas, tout va assez bien, puisqu'il ne me reste que 30 jours à attendre! C'est ironique bien sûr...
Ce matin, rdv chez la psy. Dommage que je ne puisse pas continuer avec elle. Elle est vraiment très sympathique et m'ouvre les yeux sur d'innombrables choses. Bref, je vais continuer par chez moi, en espérant trouver qqn d'aussi bien qu'elle. Je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin...En tout cas, le peu de temps que j'ai passé en consultation m'a déjà fait comprendre bcp de choses. Il va falloir que je règle des comptes avec certaines personnes...Je me rends compte que je m'en prends à des personnes qui ne le méritent pas; sans compter la bouffe à qui je fais un sort dès que qqch cloche. S'exprimer et dire ce qu'on ressent, c'est le plus important dans la vie. Dommage que je ne m'en aperçoive que maintenant. J'aurais pu gagner 5 ans de ma vie, mine de rien. Marre d'être la gentille Mimi qui dit oui et qui sourit tout le tps béatement. Il est tps d'ouvrir la bouche et d'arrêter de rêver sa vie. Il faut la vivre maintenant...
Ca commence par s'investir à fond dans mon stage et préparer ce fameux concours que je ne pensais pas accessible. Sans parler de mon harcèlement téléphonique à un pauvre garçon qui a fini par m'inviter (encore une fois...) à boire un coup [ben quoi faut s'obstiner dans la vie non?]
Bref, mis à part le fait que je n'ai pas assez bossé et que je pense être passée complètement à côté de ma colle de ce matin, le moral est bon et c'est ce qui compte!!!!
Vive la vie!
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# Posté le lundi 19 mars 2007 08:06

Modifié le jeudi 13 septembre 2007 11:10

article number two!

article number two!
Hello!
Un dimanche de grisaille, qui pourrait être bien tristounet sans ma folle de soeur qui dort à côté de moi (eh tu m'écoutes!!!). Bon, aujourd'hui rdv important...lol. Ma timidité et mon côté ermite aurait tendance à me souffler de rester sous ma couette et d'essayer d'oublier tous ces soucis qui m'angoissent. Mais ma soeur (encore elle!) me mettrait un coup de pied bien placé parce que mine de rien "il faut que tu t'occupes d'Anaelle!" ---> egoiste vous avez dit????lol.
Mais oui, je vais m'occuper de ma chnoukipette, mais oui je vais me lever et affronter cette journée. Suis même pas sûre de voir l'"homme" en question, mais bon, j'irai quand même affronter le froid en trimballant un bébé excité dans la poussette...Juste histoire de voir s'il est effectivement venu, même si ce n'est pas que pour moi. Et puis, j'avoue qu'il a aussi une certaine envie de le voir, derrière tout ça...
Mais bref, la question est de savoir comment gérer tout ça, une fois que je me serais faite remballer. Je sais, je ne dois pas partir vaincue (z'êtes marrants vous...), mais bon, je préfère y aller sans trop d'espoir.
Quoiqu'il en soit, la bonne nouvelle de ces derniers jours est qu'il est possible de passer un concours de catégorie A pour des étudiants de DUT...Grande nouvelle pour moi qui pensait que c'était réservé aux titulaires de licence...Cela change pas mal de perspectives, notamment celle de ma mère qui dit déjà que j'ai plus besoin d'aller à Angers! [euh maman, ya pas moyen, faut que je parte d'ici]
Bref, cet article ne parle pas bcp des TCA, ce qui est l'objectif de ce blog, mais parfois il est bon de s'en détacher!
Un grand merci aux personnes qui ont mis des commentaires trop trop gentils; des personnes que j'adore et que je n'oublierais jamais!
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# Posté le dimanche 18 mars 2007 05:46

Modifié le jeudi 13 septembre 2007 11:13

Tout premier article!

Tout premier article!
Un très long texte écrit un après-midi tranquille, qui m'a donné envie de créer un blog pour partager mes sentiments avec ceux qui souffrent de troubles du comportement alimentaire...
Que dire de cette vie où en fait rien ne se passe...Rien, mis à part la routine accablante. Une routine dont je n'arrive pas à me débarrasser malgré mes efforts. Changer le contenu de mes repas ? Quelle idée ! Sortir avec les amies ? Hérésie... Je me plains d'être seule, mais je m'enfonce toute seule dans cette solitude. Et si les dites amies n'étaient pas là, que ferais-je ? Je pense sincèrement que je ne serais déjà plus là depuis longtemps. Enfin quoique...J'ignore ce qui me raccroche à la vie, mais j'y tiens quand même. Au fond, je sais bien que jamais je n'ai été tentée par le suicide et que je ne le serais jamais. Une espèce d'espérance de je ne sais quoi me fait me lever le matin et m'oblige à considérer la vie avec plus d'optimisme que parfois je ne le voudrais. Sauf qu'à force d'espérer quelque chose, on se perd en attente et on oublie de vivre. Cela va bientôt faire 5 ans que j'ai arrêté de vivre, allez savoir pourquoi. C'est bien beau d'avoir des attentes, mais encore faut-il savoir ce que l'on attend...L'amour ? Forcément, tout le monde l'attend. Mais quand on idéalise trop l'homme qui sera celui de notre vie, ben forcément, on le manque à chaque fois. Pas assez drôle, trop grand, trop blond...Et puis vient le jour où quelqu'un vous fait un signe. Quelqu'un qui vous plaît, que demander de plus ? Tout simplement d'avoir de ses nouvelles...On vous fait croire des choses puis on vous oublie. Blessée, vous vous jetez dans les bras d'un homme qui, pauvre de lui, tombe amoureux de vous. Prisonnière de sentiments contradictoires (envie de liberté mais aussi d'être avec quelqu'un, envie de sécurité mais aussi d'indépendance...), vous vous enfuyez un beau jour en vous rendant compte que celui dont vous n'avez plus de nouvelles depuis deux mois est toujours là, dans un coin de votre tête (et de votre c½ur ?). Peut-on tomber amoureux de quelqu'un qu'on ne connaît même pas ? Ou simplement est-ce l'idée qu'on se fait de cette personne qui nous séduit ? Ou pire, n'est-on pas encore plus attiré par quelqu'un qui vous repousse ? Je te suis, tu me fuis, je te fuis, tu me suis... (Clin d'½il à une coloc formidable que j'adore de tout mon c½ur). La vie est faite ainsi, de questionnements tous plus farfelus les uns que les autres, et quand on est dans la tête de quelqu'un manquant de confiance en soi, d'estime de soi, quelqu'un de timide, terrorisé par le jugement d'autrui et par l'avenir, les questions sont d'autant plus effrayantes. Les petits dilemmes banals deviennent d'intenses réflexions philosophiques [mais si je mange du chocolat maintenant, mon quota de calories va être dépassé... ; si je sors avec mes amies, y-aura-t-il du coca light proposé dans le bar où l'on va ?]. Autant dire que le cerveau est en ébullition de façon permanente, et ce, pour des questions ridicules aux yeux du commun des mortels. Or, ce contrôle effectué sur la nourriture a un sens. Lequel ? Bonne question. Il doit en avoir un...
Les livres sur la boulimie pullulent. Il y en a des tas et des tas. Regardez sur le net, dans les librairies...Chacun à son mot à dire sur la question et une solution à proposer. Il faut réapprendre à manger dites-vous ? Oui, il faut intégrer la notion de plaisir quand on mange. Aucun aliment ne fait grossir, tous sont nécessaires, à condition d'être consommés raisonnablement. Raisonnablement ? En même temps, si j'étais raisonnable, je ne serais pas en train de déballer ma vie (ou ce qu'il en reste) sur un fichier Word un jeudi après-midi (Happy Birthday to Me !), au lieu de réviser. Et je n'aurais pas pris la décision d'aller voir un psy, pour me défaire de cette boulimie qui s'accroche à moi. Thérapie de groupe ? Oui, sauf que quand on vit dans un coin paumé où personne ne veut vivre, les thérapies de groupe sont inexistantes... Thérapie individuelle ? Oui, c'est ce que j'essaie de faire mais laissez-moi le temps de trouver un psy (et un bon !). Les plus comiques sont ceux qui affirment que l'on progresse quand on réduit la fréquence de ses crises. Sauf qu'en contrepartie, la personne va se restreindre un maximum et la frustration engendrée ne l'aidera pas à se sentir mieux, bien au contraire...Le travail, dixit Catherine Hervais, qui écrit sur ce sujet, doit se faire sur soi-même et non sur le comportement alimentaire. Et bien sûr, c'est un travail de longue haleine, qui se fait petit à petit. Mais en attendant ? Comment expliquer aux gens à qui on vient de tout balancer, la boulimie et tout et tout, qu'on veut bien s'en sortir, mais qu'on continue quand même à manger son petit truc dans son coin, qu'on continue à ne pas sortir par peur d'être obligée de manger quelque chose qui nous déclencherait forcément une crise... ? La patience n'est pas mon fort, ni celui de mon entourage. Mais c'est justement ce temps, si précieux dans la société d'aujourd'hui, qui est nécessaire pour guérir. Et dire qu'une thérapie est censée durer 2 ans...
Quoi qu'il en soit, la boulimie n'est pas une fatalité. Je le sais, et l'écrire m'oblige à y croire encore plus. Mais en attendant, c'est tout ce qu'on a quand la crise d'angoisse arrive et qu'on commence à ressentir ce vide qui paralyse et terrorise. C'est une sorte d'anxiolytique qui permet de ne plus penser à rien, ne serait-ce que pendant quelques heures. Je ne prône en aucun cas les crises de boulimie, mais il est temps d'arrêter de se sentir coupable quand on en subit une. Le tout est de réfléchir au pourquoi de cette angoisse qui nous envahit tout à coup. Revenir sur les pensées que l'on a eues juste avant la crise permet parfois d'éclaircir certains points et de comprendre quelques mécanismes. On peut s'en sortir, il faut le croire...

# Posté le jeudi 15 mars 2007 10:43

Modifié le jeudi 13 septembre 2007 11:14