Un très long texte écrit un après-midi tranquille, qui m'a donné envie de créer un blog pour partager mes sentiments avec ceux qui souffrent de troubles du comportement alimentaire...
Que dire de cette vie où en fait rien ne se passe...Rien, mis à part la routine accablante. Une routine dont je n'arrive pas à me débarrasser malgré mes efforts. Changer le contenu de mes repas ? Quelle idée ! Sortir avec les amies ? Hérésie... Je me plains d'être seule, mais je m'enfonce toute seule dans cette solitude. Et si les dites amies n'étaient pas là, que ferais-je ? Je pense sincèrement que je ne serais déjà plus là depuis longtemps. Enfin quoique...J'ignore ce qui me raccroche à la vie, mais j'y tiens quand même. Au fond, je sais bien que jamais je n'ai été tentée par le suicide et que je ne le serais jamais. Une espèce d'espérance de je ne sais quoi me fait me lever le matin et m'oblige à considérer la vie avec plus d'optimisme que parfois je ne le voudrais. Sauf qu'à force d'espérer quelque chose, on se perd en attente et on oublie de vivre. Cela va bientôt faire 5 ans que j'ai arrêté de vivre, allez savoir pourquoi. C'est bien beau d'avoir des attentes, mais encore faut-il savoir ce que l'on attend...L'amour ? Forcément, tout le monde l'attend. Mais quand on idéalise trop l'homme qui sera celui de notre vie, ben forcément, on le manque à chaque fois. Pas assez drôle, trop grand, trop blond...Et puis vient le jour où quelqu'un vous fait un signe. Quelqu'un qui vous plaît, que demander de plus ? Tout simplement d'avoir de ses nouvelles...On vous fait croire des choses puis on vous oublie. Blessée, vous vous jetez dans les bras d'un homme qui, pauvre de lui, tombe amoureux de vous. Prisonnière de sentiments contradictoires (envie de liberté mais aussi d'être avec quelqu'un, envie de sécurité mais aussi d'indépendance...), vous vous enfuyez un beau jour en vous rendant compte que celui dont vous n'avez plus de nouvelles depuis deux mois est toujours là, dans un coin de votre tête (et de votre c½ur ?). Peut-on tomber amoureux de quelqu'un qu'on ne connaît même pas ? Ou simplement est-ce l'idée qu'on se fait de cette personne qui nous séduit ? Ou pire, n'est-on pas encore plus attiré par quelqu'un qui vous repousse ? Je te suis, tu me fuis, je te fuis, tu me suis... (Clin d'½il à une coloc formidable que j'adore de tout mon c½ur). La vie est faite ainsi, de questionnements tous plus farfelus les uns que les autres, et quand on est dans la tête de quelqu'un manquant de confiance en soi, d'estime de soi, quelqu'un de timide, terrorisé par le jugement d'autrui et par l'avenir, les questions sont d'autant plus effrayantes. Les petits dilemmes banals deviennent d'intenses réflexions philosophiques [mais si je mange du chocolat maintenant, mon quota de calories va être dépassé... ; si je sors avec mes amies, y-aura-t-il du coca light proposé dans le bar où l'on va ?]. Autant dire que le cerveau est en ébullition de façon permanente, et ce, pour des questions ridicules aux yeux du commun des mortels. Or, ce contrôle effectué sur la nourriture a un sens. Lequel ? Bonne question. Il doit en avoir un...
Les livres sur la boulimie pullulent. Il y en a des tas et des tas. Regardez sur le net, dans les librairies...Chacun à son mot à dire sur la question et une solution à proposer. Il faut réapprendre à manger dites-vous ? Oui, il faut intégrer la notion de plaisir quand on mange. Aucun aliment ne fait grossir, tous sont nécessaires, à condition d'être consommés raisonnablement. Raisonnablement ? En même temps, si j'étais raisonnable, je ne serais pas en train de déballer ma vie (ou ce qu'il en reste) sur un fichier Word un jeudi après-midi (Happy Birthday to Me !), au lieu de réviser. Et je n'aurais pas pris la décision d'aller voir un psy, pour me défaire de cette boulimie qui s'accroche à moi. Thérapie de groupe ? Oui, sauf que quand on vit dans un coin paumé où personne ne veut vivre, les thérapies de groupe sont inexistantes... Thérapie individuelle ? Oui, c'est ce que j'essaie de faire mais laissez-moi le temps de trouver un psy (et un bon !). Les plus comiques sont ceux qui affirment que l'on progresse quand on réduit la fréquence de ses crises. Sauf qu'en contrepartie, la personne va se restreindre un maximum et la frustration engendrée ne l'aidera pas à se sentir mieux, bien au contraire...Le travail, dixit Catherine Hervais, qui écrit sur ce sujet, doit se faire sur soi-même et non sur le comportement alimentaire. Et bien sûr, c'est un travail de longue haleine, qui se fait petit à petit. Mais en attendant ? Comment expliquer aux gens à qui on vient de tout balancer, la boulimie et tout et tout, qu'on veut bien s'en sortir, mais qu'on continue quand même à manger son petit truc dans son coin, qu'on continue à ne pas sortir par peur d'être obligée de manger quelque chose qui nous déclencherait forcément une crise... ? La patience n'est pas mon fort, ni celui de mon entourage. Mais c'est justement ce temps, si précieux dans la société d'aujourd'hui, qui est nécessaire pour guérir. Et dire qu'une thérapie est censée durer 2 ans...
Quoi qu'il en soit, la boulimie n'est pas une fatalité. Je le sais, et l'écrire m'oblige à y croire encore plus. Mais en attendant, c'est tout ce qu'on a quand la crise d'angoisse arrive et qu'on commence à ressentir ce vide qui paralyse et terrorise. C'est une sorte d'anxiolytique qui permet de ne plus penser à rien, ne serait-ce que pendant quelques heures. Je ne prône en aucun cas les crises de boulimie, mais il est temps d'arrêter de se sentir coupable quand on en subit une. Le tout est de réfléchir au pourquoi de cette angoisse qui nous envahit tout à coup. Revenir sur les pensées que l'on a eues juste avant la crise permet parfois d'éclaircir certains points et de comprendre quelques mécanismes. On peut s'en sortir, il faut le croire...